Le calendrier fait bien les choses, parfois…
Le 3 décembre 1983 près d’une centaine de millier de personne arrachaient à la gauche la carte de 10 ans pour les immigrés et leurs familles. "La marche" n’était pas une simple manifestation contre le racisme ordinaire et meurtrier mais aussi pour l’égalité des droits.
Le 3 décembre 2008, 25 ans après, tous les salariés résidant en France, je dis bien tous, voteront pour élire leurs conseillers prud’hommaux.
C’est dans le monde du travail, sans doute le plus ségrégationniste, où un salarié étranger peut exercer ces droits, en votant et en étant élu (de mémoire il peut-être délégué syndical depuis 1968).
Où le politique à échouer, pas de droit de vote, le monde du travail a l’occasion de montrer en élisant des conseillers issues de l’immigration que lui est au fait de la transformation de la société française depuis 50 ans.
Après plus de 50 ans de présence d’une immigration, au début de travailleur qui c’est transformé naturellement en immigration familiale, on devrait normalement s’attendre à que la question de la présence de militant syndicaux issue de l’immigration dans ces Conseils soient portés par les organisations syndicales.
Or cela ne semble pas être le cas, la "diversité" est un sujet complexe qui demande de la reflexion.
Il est vrai qu’il est plus facile pour les grandes confédérations de signer des pétitions contre je ne sais quoi ou de ièger dans des instances comme le FASDIL que d’aborder avec une vision clair cet enjeu essentiel, la non représentation d’immigré au sein des Prud’homme et des principales institutions du travail en France.
Moi cela me révolte. Je fais partie d’une histoire militante qui remonte à mon père délégué syndical "étranger" au début des années 70. J’ai soutenue la grève des foyers Sonacotra des 1976. J’ai fais mes premières armes dans ce qui allais devenir les premiers syndicats lycéens. Bref j’ai un engagement militant qui remonte à la fin des années 70, où l’inégalité, la précarité social et juridique, les meutres racistes ont été le ferment de ma révolte.
Mon engagement dans "La marche", "Convergence 84", "Memoire Fertile", au CLAP et au CNPI avait pour principal sens de promouvoir et de faciliter la citoyenneté pour tous.
Mon principal objectif a toujours été de faciliter l’accès de tous aux espaces de décisions et de représentation, et les conseils de Prud’Homme en sont un.
L’intérêt d’un blog est de pouvoir s’exprimer, et pour moi de témoigner. Je dois faire partie de ces rares militants "beurs" qui n’ont jamais voulu s’engager dans un mouvement communautaire. J’ai combattue très durement "France plus" pour cette raison alors qu’il était de bonne guerre de militer pour un futur président Arabe.
Pour moi c’est l’engagement dans une organisation, la constance de l’effort, et bien sur l’apport, qui donnent une légitimité à toutes candidature. Je crois encore à cet idée, mais 30 ans de militantisme, et deux expériences récentes m’ont démontré que s’appeller Mohamed est un handicap.
Enfant d’algériens arrivés français ,devenue algériens par choix, je suis avec mon prénom ,un arabe ,alors que je revendique avvec fiéreté mon origine parisienne. Mon fils vit une situation similaire alors que ces passions sont le foot, le vélo et le rugby. Nous allons tout au long de notre vie à porter ce stygmat, arabe.
Rien ne bloque comme cela, mais les freins sont là et on s’oblige à en faire deux fois plus avec deux fois moins de ressource. Car en dehors de cet exclusion ordinaire on oublie qu’une bonne partie de nous s’est forgé dans l’adversité . Les parents ont étés les premières victimes des plans sociaux. S’engager c’est alors beaucoup de sacrifice et de coup sans de vrai soutien. On s’use beaucoup plus vite et les portes ne s’entrouve que très rarement…
Cette constance nécessaire à une reconnaissance n’est pas possible. C’est comme un parcours professionnel multipliant les emplois précaires et dévalués qui ne permet pas de prendre l’ascenceur social.
Alors devant ce double handicap, racial et social, et fidèle aux différents engagements sur l’égalité on devra normalement voir des Mohamed, Carlos, Sassouké, sur les listes de nos principaux syndicats (CGT, CFDT et FO).
Bien sur on ne devrait pas demander à des organisations syndicales, et encore moins à des confédération, de prôner une action de discrimination positive.
Mais je suis convaicu qu’au sein des syndicats, un militant, des militants issues de l’immigration n’attendent qu’un geste, non pas pour représenter une communauté, mais montrer qu’un salarié peut-être jugé par un black, un blanc, un beur. Celui qu’il cotoie au quotidien au travail.
Il est sur aussi que tous les travailleures étrangers auront le sentiment d’être partiellement représenté par ces Conseillers.
25 ans après l’égalité des droits ne doit plus être un simple mot d’ordre mais doit se traduire de manière concrète.